Depuis quelques années, la taille des aiguilles pour les injections d’insuline et maintenant d’analogue du GLP-1 (Byetta, Victoza) a beaucoup évolué. Actuellement on ne retrouve pas moins de 7 tailles différentes : 4 mm, 5 mm, 6 mm, 8 mm, 10 mm, 12 mm, 12,7 mm.
L’évolution tend vers la diminution de la taille avec notamment la dernière née du Laboratoire BD : la 4 mm. Alors qu’en est-il des grandes aiguilles ? Sont-elles toujours bien adaptées ? Faut-il les supprimer ? Les petites aiguilles sont-elles adaptées à tous les patients ? Voici quelques éléments de réponse.

Où injecter ?

Le site de prédilection des injections d’insuline et de GLP-1 est le tissu sous-cutané. Pour cela on traverse l’épiderme et le derme (région très innervée et vascularisée) dont l’épaisseur moyenne est de2 mm (1,2 à3 mm) et ce quelque soit l’âge du patient, son sexe, son IMC et son ethnie.

L’épaisseur du tissu sous-cutanée, elle, varie en fonction de l’IMC et du sexe. C’est pourquoi des zones d’injections ont été définies en fonction de cette épaisseur et de son accessibilité :

Abdomen : région péri-ombilicale                                          Bras : zone inféro-postérieure

Cuisses : partie supéro-externe                                              Fesses : partie supéro-externe

 

Par contre, la profondeur d’injection ne doit pas dépasser ce tissu sous cutané et risquer d’atteindre le muscle où l’insuline peut avoir une résorption plus rapide (surtout lors d’une activité physique) et donc exposer le patient à une hypoglycémie.

L’injection est également souvent douloureuse et peut provoquer des hématomes.

 Avec quelle taille d’aiguille ?

Une étude portant sur 1208 diabétiques sous injection a permis de constater que :

  • pour les aiguilles de 12,7 mm : 50% des injections étaient faites dans le muscle
  • Pour les aiguilles de 8 mm : moins d’1/3 des injections se faisait dans le muscle

Et donc de conclure qu’en raccourcissant la taille de l’aiguille, le risque d’injection intramusculaire diminue.

 

Une étude menée par une infirmière hollandaise et baptisée In Obèse montre que pour les injections réalisées en sous-cutané, la taille des aiguilles a peu d’influence sur les résultats de l’HbA1c. Par contre il existe moins d’hématome avec les aiguilles de5 mmet moins de perte d’insuline avec les aiguilles de8 mm. 

Pour les patients obèses :

Quelque soit l’IMC du patient l’épaisseur du derme varie peu jusqu’à 3 mm. Par contre l’injection ne doit pas être réalisée en intra musculaire.
C’est pourquoi les aiguilles < à8 mm peuvent être utilisées.

 

Pour les « grosses doses » d’insuline :

Les nouvelles aiguilles de 4 et 5 mmpossèdent une paroi fine pour augmenter le diamètre interne.
L’injection d’insuline avec ce type d’aiguille se fera un peu plus lentement et le patient sera éduqué au retrait de l’aiguille au bout de 10 secondes.

 

Avec Pli ou sans pli ?

Le problème ne se pose pas avec les petites aiguilles jusqu’à6 mmPar contre pour les aiguilles >8 mm, les patients devraient réaliser un pli cutané dont la technique requiert une éducation spécifique. Le muscle est très souvent pris dans le pli.

Là aussi la simplicité de la technique et l’injection correcte doivent être des critères pour le choix de la taille de l’aiguille.

 

Conclusion

Le risque majeur des grandes aiguilles  est l’injection dans le tissu musculaire avec tous les risques que cela comporte.

La paroi fine des petites aiguilles permet, elle, d’injecter le traitement en toute sécurité dans le tissu sous cutané même chez des patients en surpoids et/ou avec une doses d’insuline pouvant aller jusqu’à 40 unités.

La fuite de l’insuline peut être évitée en injectant lentement les grosses doses et en attendant quelques secondes (10 minimum) avant de retirer l’aiguille à la fin de l’injection : l’éducation des patients à cette technique est primordiale.

Le facteur psychologique peut également intervenir dans le choix de la taille : une aiguille de12 mmest plus impressionnante qu’une aiguille de5 mm.

Pour autant faut-il changer systématiquement la taille de l’aiguille d’un patient ?

La réponse serait plutôt  « Non » : il vaut mieux ne pas changer les habitudes des patients sauf en cas d’injection en IM ou de lipodystrophie.

Par contre, pour les nouvelles prescriptions, le choix  devrait s’orienter vers ses aiguilles plus courtes de8 mmet moins et ceci entraînera donc la disparition des grandes aiguilles (10 mmet plus).