Lu pour vous…..

Dans cet article, Jean-Pierre Sauvanet reprend l’historique des outils de suivi de traitement du diabète et fait un point sur les pistes de recherche actuelle.

Dans le domaine des avancées technologiques, il soulève le problème de leurs limites (choix des patients à qui elles pourraient s’adresser, coût) et insiste sur le rôle important des soignants en charge de l’éducation thérapeutique.

 1.      Les outils de suivi du diabète

Les lecteurs de glycémies                                                                     

Depuis l’avènement des premiers lecteurs de glycémie dans les années 1970 et les derniers modèles  disponibles, des progrès technologiques importants ont été réalisés.

Pourtant l’auto surveillance glycémique demeure, encore trop souvent, mal utilisée : « L’ASG ne doit pas être une mesure passive, n’entraînant pas de conséquences thérapeutiques immédiates » (Haute Autorité de Sant [HAS] Octobre 2007).

 C’est pourquoi une éducation régulière à l’utilisation du lecteur et à l’adaptation des doses est primordiale.

 La mesure continue du glucose

D’apparition récente ce système permettant l’enregistrement des glycémies 24h/24 nécessite une sélection rigoureuse des patients pour laquelle elle apportera un réel avantage dans la gestion de leur diabète (doses d’insulines).
Elle requiert, également, une éducation appropriée du patient.

 La Télémédecine

Née de la baisse démographique médicale et de la progression des maladies chroniques, elle est actuellement utilisée dans le dépistage de la rétinopathie diabétique et dans le suivi et l’éducation du diabète gestationnel.
Une application pour appareil type Smartphone est en cours d’expérience : ce système permettra la transmission aux professionnels de santé de données nécessaires au contrôle de la glycémie.
Ce système  a également ses limites liées aux patients, aux équipes soignantes et à la qualité de la relation patient/soignant.

2.      Les outils de traitement du diabète

Les stylos à insuline

Ils ont remplacés les seringues et les aiguilles utilisées sont de plus en plus courtes. Mais leur utilisation correcte demande un apprentissage initial et un renforcement des connaissances réguliers : c’est le rôle de l’Education Thérapeutique

 Les pompes à insuline                                                                         

Elles permettent l’injection d’insuline 24h/24 et de bolus au moment des repas. Leur utilisation  actuelle cible davantage les patients diabétique de type 1.

Une éducation thérapeutique spécifique est nécessaire avec une évaluation continue et une sélection précise des patients.

 Le « pancréas artificiel »

Il s’agit du couplage d’une pompe à insuline et d’un capteur de glucose laissant entrevoir à terme l’élaboration d’un système automatisé en « boucle fermée » permettant la délivrance d’insuline sous cutanée ajustée à la mesure sous-cutané de la glycémie. Des premières expériences sur 24h ont eu lieu, de prochaines sur une durée plus longues chez des patients de type 1 sont prévues.

 3.      les traitements visant à prévenir le diabète insulinodépendant ou à ralentir sa progression

Les approches par immunothérapie

Le diabète de type 1 résulte de la destruction auto-immune des cellules ß-pancréatiques qui débute avant l’apparition du diabète mais il persiste une fonction résiduelle pendant quelques temps après l’apparition du diabète. Cela a conduit à tester l’immunothérapie chez des patients de type 1 au stade précoce de leur maladie, ou avant son apparition (pour des sujets à haut risque). Mais les approches actuelles sont loin de répondre aux attentes et surtout ces traitements provoquent des effets indésirables non négligeables (réactions allergiques, épisodes infectieux liés à la perte des défenses immunitaires).
Récemment 2 spécialistes suédois ont fait le point sur tous les essais réalisés ou à venir et concluent à un échec et une perte de temps. Pour eux, les efforts et progrès doivent être porté sur d’autres priorités (information du public sur les signes annonciateurs du diabète, développement du « pancréas artificiel »).

 

Les greffes d’îlots pancréatiques

Cette technique réalisée en isolée ou en double transplantation rein/îlots pancréatiques  présente de nombreux inconvénients :

-         les effets indésirables dus à la transplantation

-         la faible « rentabilité » des techniques d’isolement et de préparation des î lots avec un coût élevé

-         le manque de pancréas de donneurs utilisables

-         les essais réalisés ont montré que l’insulinodépendance ne se maintient à long terme que chez un faible nombre de patients.

 Les cellules souches

Fabrication de cellule-ß par différentiation de cellules d’autres organes (cordon ombilical, moelle osseuse, …). Les recherches sont en cours mais le débat sur l’utilisation de cellules souches est loin d’être résolu

 4.      Conclusion

Beaucoup de progrès technologiques ont été réalisés ou sont en cours mais ils ne s’adressent qu’à un certain nombre de diabétiques : raison d’indication, d’efficacité, de bénéfices/coût.

Jean-Pierre Sauvanet termine son article  en évoquant  l’éducation thérapeutique du patient qui est souvent négligées mais reste importante : éducation du patient (par une équipe pluridisciplinaire) à sa maladie, aux outils de suivi et de traitement afin d’améliorer son observance.

 (Jean-Pierre Sauvanet : Revue SOINS Supplément au n° 764 – avril 2012 (pages S24-S28)